Je cueillerai la vie et je te l'offrirai

Le goût du mépris : " dénonce avec clairvoyance le mépris au quotidien"

Cela peut sembler paradoxal concernant ce genre de livre mais ce qui m’a le plus enthousiasmé au premier abord c’est la sublime précision du vocabulaire. Chaque mot pèse son juste poids, Evelyne Ballanfat est indéniablement une amoureuse de la langue et elle puise avec soin dans un lexique d’une singulière richesse.

Mais cela n’est certainement pas le but recherché : son enthousiasme pour le sujet, son engagement dans le combat contre le mépris est perceptible à chaque page du livre.

Elle dénonce avec clairvoyance le mépris au quotidien : la réflexion gratuitement méchante d’un petit chef condescendant, le racisme institutionnel et ses façons d’être, la différence de classes, et d’autres contextes dans lesquels on se reconnait en tant que victime, ou parfois, à notre surprise et à notre honte, en tant qu’agresseur.

 

La vie et la mort sont au pouvoir de la langue.

Ce n’est pas moi qui le dit, ni l’auteure de l’essai, mais le sage roi Salomon (Proverbes 18 : 21).

Ainsi le problème ne date pas d’hier mais il convient d’y prêter attention. D’une part pour cesser de se victimiser, comprendre que l’on a le droit de se défendre et que l’humour est une arme redoutable. D’autre part pour commencer à faire attention à ce qu’on dit et plus encore à ce qui sera entendu.

La communication ne consiste pas à parler mais à savoir se faire comprendre.

Pour finir, je souhaite saluer l’humour so british d’Evelyne Ballanfat qui m’a souvent fait sourire malgré tout le sérieux de son propos.

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