Les chroniques de Germania - 1 - Editions L'Alchimiste

Les Chroniques de Germania : "Un polar au pays des Nazis"

Un polar au pays des Nazis, il fallait oser. Tel est le pari de Patrick Pauget, et j’avoue qu’il l’a gagné, en tout cas pour moi.

Pour planter le décor, nous sommes en 2112, le Reich millénaire fête ses 160 ans de règne puisque les Nazis ont gagné la guerre en 1952. Ce n’est pas la première fois qu’un auteur signe une uchronie sur la seconde guerre mondiale, Philip Roth ou Philip K. Dick, pour ne citer qu’eux, s’y étaient déjà intéressés. Il faut dire aussi que le sujet s’y prête bien, et qu’il peut être traité de diverses manières. Là, l’écrivain a décidé d’y mêler une enquête policière, ce qui fait qu’on peut tout à fait lire ce roman pour la simple enquête, sans se soucier le moins du monde de l’univers dans laquelle elle évolue. Mais ne lire ce roman que pour le côté polar serait selon moi une erreur tant le monde créé par l’auteur est riche, complexe et intéressant (pour ceux qui aiment L Histoire, bien entendu).

Je ne souhaite pas en dévoiler davantage sur Germania, sur l’intrigue, mais simplement dire aux futurs lecteurs qu’une fois plongé dedans, on a envie d’en savoir plus, encore et encore, de découvrir ce qui a pu se passer avant, en un mot d’en savoir davantage sur ce « nouveau » monde. Je dois bien avouer que, de ce côté-là, ma curiosité n’a pas été rassasiée, et j’espère qu’elle le sera dans le ou les prochain(s) tome(s).
J’ajouterai un mot sur les personnages, car, pour moi, le succès d’une histoire se fait avant tout grâce aux personnages, à l’épaisseur que l’écrivain leur aura donnée: si j’ai beaucoup apprécié le “héros” de ce livre, notre commissaire, aimant ses aspérités, ses côtés à la fois sombre et lumineux, ainsi que la plupart des enquêteurs, j’ai été beaucoup moins emballée par les jumeaux aryens, Wilma et Sigmund, que j’ai trouvés pour le coup un peu trop manichéens, j’aurais apprécié un peu plus de subtilité pour ces personnages, même si, d’un côté, je comprends le choix de l’auteur.

Je ferai également une remarque sur la plume de l’auteur. Je dois bien avouer que même si j’apprécie les jolies plumes, je recherche avant tout une histoire quand j’ouvre un roman, et encore davantage quand il s’agit d’un polar ou thriller. Dans ces cas-là, une écriture efficace me suffit amplement. Alors non seulement le rythme est ici diablement maîtrisé mais, en prime, le roman est très bien écrit, ce qui, avouons-le, est quand même très appréciable.

Enfin, souvent, les dernières pages des romans que je lis ne me laissent que (trop) rarement un souvenir impérissable. Ici, au contraire, j’ai refermé le livre en me disant que, vraiment, j’avais beaucoup aimé, jusqu’à la toute fin, et, surtout, que j’avais envie de me procurer le deuxième tome. Cela tombe bien, il est déjà sorti.

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